Repères historiques sur les PCB et la Fédération Nationale de la Pêche en France et de la protection des milieux aquatiques
Par Peche Passion, lundi 18 février 2008 à 10:58 :: General :: #11 :: rss
En 1988 un arrêté ministériel interdit la consommation humaine de poisson dont la chair contient plus de 2mg/kg de poids frais de PCB. Cette année là, la Fédération Régionale interpelle « l’administration de tutelle. » Réunions, examens des cours d’eau et des poissons se succèdent. Des arrêtés sont pris pour interdire la consommation du poisson sur certains sites.
Le 7 août 2007 :
La consommation du poisson est désormais interdite sur 400 kilomètres linéaires du Rhône. Au travers de huit Fédérations Départementales de pêche (Rhône, Bouches du Rhône, Ain, Isère, Drôme, Vaucluse, Gard, Ardèche), ce sont près de 160 000 pêcheurs qui sont concernés.
Le 24 septembre 2007 :
La Fédération Nationale de la Pêche en France et de la protection des milieux aquatiques adressait à la presse un communiqué concernant la pollution aux PCB (pyralènes) rencontrée par certains cours d’eau français et notamment le Rhône. En effet, à cette date, huit fédérations départementales principalement concentrées autour de ce fleuve affrontaient cette contamination. Certaines d’entre elles ont décidé de porter plainte contre X pour pollution du milieu aquatique et mise en danger de la vie d’autrui.
Le 10 octobre 2007 :
Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’écologie, du développement et de l’aménagement durable (MEDAD), chargée de l’écologie, s’est déplacée à Lyon, à l’occasion de la tenue du 1er Comité de pilotage (COPIL) lié à la pollution du Rhône aux pyralènes. Ce comité avait pour but d’associer les différentes parties impliquées afin de partager et d’améliorer la connaissance actuelle sur ce phénomène et de réfléchir à la mise en œuvre d’un plan d’actions visant à identifier, à stabiliser, voire à réduire les risques de cette pollution. La FNPF a été associée à ce premier comité. La secrétaire d’Etat a demandé aux préfets de « sortir progressivement du principe de précaution » pour appliquer les interdictions de consommation du poisson aux zones réellement impactées par la présence des PCB. Elle a également annoncé la tenue d’un Comité de pilotage national, aux vues de l’ampleur de la contamination.
852 analyses ont été effectuées sur toute la France afin de déterminer le taux de PCB dans les cours d’eau. Le Rhône n’est pas le seul fleuve à avoir été touché. L’aval de la Seine, ainsi qu’une partie des cours d’eau du département de l’Ain, sont également concernés.
La secrétaire d’Etat a également saisi l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) afin de déterminer l’impact sanitaire lié à la consommation de poissons contaminés.
Le 6 février 2008 :
Le Comité de pilotage national a été mis en place au ministère de l’écologie. Un certain nombre de mesures ont été annoncées par la secrétaire d’Etat dont :
- la présélection des sites de relocalisation des pêcheurs professionnels. Ces sites sont, pour une bonne partie, déjà loués par des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique ou des fédérations départementales des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique. Nathalie Kosciusko-Morizet prévoit la tenue d’une réunion spécifique, avec les pêcheurs, amateurs ou professionnels.
-l’exonération du paiement des baux, par décision du ministre du budget, pour tous les types de pêcheurs.
-la mise en place d’un protocole d’analyses de l’AFSSA : les poissons de 300 zones prioritaires doivent être analysés, correspondant aux zones de contamination des sédiments les plus importants. En 2008, l’AFSSA prévoit de s’intéresser à 100 sites et d’analyser automatiquement une espèce fortement bio-accumulatrice (de type anguille, barbeau ou brème) et une espèce faiblement bio-accumulatrice (gardon, perche, sandre ou vandoise). Selon les résultats la consommation de poisson sera soit totalement interdite, soit limitée aux poissons des espèces fortement bio-accumulatrice, soit totalement autorisée.
-l’inscription d’un volet PCB dans le projet de SDAGE Rhône-Méditerranée.
Face au discours de la secrétaire d’état, Jean-Paul Doron, vice-président de la FNPF a indiqué la position de cette dernière (cf communiqué de presse). Les pêcheurs aux lignes en eaux douces sont les premières victimes de cette pollution et s’inquiètent pour leur santé et leur environnement.
Le 6 février 2008 :
Conjointement à la mise en place du COPIL, les Fédérations Départementales et Interdépartementales de Pêche et de protection du milieu aquatique du bassin Rhône Méditerranée Corse se sont réunies lors de la conférence de bassin à Lyon, au siège de l’agence de l’eau. Une motion est alors votée. Les Fédérations demandent que des investigations piscicoles soient effectuées sur les sites visées par la relocalisation des pêcheurs professionnels, de manière à déterminer leur potentialité et l’impact de ces implantations tant au niveau halieutique que touristique.
Les risques envisagés sont de taille : perte massive des adhérents aux conséquences dramatiques sur les emplois directs des Fédérations mais également sur l’économie indirecte qu’elle suscite ; non rentabilité de la pêche professionnelle pouvant conduire rapidement à sa disparition.
Ce sont ces risques qui ont poussé les Fédérations Départementales et Interdépartementales de Pêche à demander leur implication dans les procédures d’investigation et de décision.
Et aujourd’hui ?
L’Union européenne souhaite mettre en place un plan de gestion de l’anguille par bassin. Une contrainte qui se télescope avec celle de la gestion de la pollution aux PCB. La pêche, de part les nouvelles réglementations et les nouvelles normes, est de plus en plus encadrée. Ce qui n’est pas sans conséquences pour le développement de notre loisir.
…le 27 février 2008 aura lieu la première réunion de concertation entre les pêcheurs amateurs, les pêcheurs professionnels et la secrétaire d’Etat afin de réfléchir à la relocalisation des pêcheurs professionnels.
Récapitulatif des arrêtés interdisant la pêche de certaines espèces en vue de la consommation et de la commercialisation :
12 départements sont concernés :
Le département du Rhône à partir du 14 septembre 2005, de l’Ain à partir du 20 mars 2006, de l’Isère à partir du 6 avril 2006, de la Drôme à partir du 13 juin 2007, de l’Ardèche à partir du 13 juin 2007, de la Loire à partir du 13 juin 2007, du Vaucluse à partir du 7 août 2007, du Gard à partir du 7 août 2007, des Bouches du Rhône à partir du 7 août 2007, de l’Eure à partir du 23 janvier 2008, de la Somme à partir du 21 septembre 2006, du Calvados à partir du 25 janvier 2008.
Les arrêtés sont disponibles sur Internet http://www.rhone-mediterrannee.eaufrance.fr/milieu-continentaux/pollution_PCB/index.php
Attention : la pêche sur le principe de la remise à l’eau des captures n’est pas interdite.
Le 14 février 2008
Fédération Nationale de la Pêche et de la protection des milieux aquatiques.
Contact presse : Julie Miquel. 01 48 24 96 00


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