Le moratoire refusé ! L’anguille est-elle condamnée à disparaître ?
Par Peche Passion, vendredi 4 juillet 2008 à 14:55 :: General :: #32 :: rss
Le comité national en charge d’élaborer le plan français de restauration de l’anguille s’est réuni, mardi 1er juillet 2008, au ministère de l’écologie.
Devant l’urgence de la situation, c’est avec un profond étonnement que les pêcheurs amateurs, représentés par la Fédération Nationale de la Pêche en France, ont appris le refus de la proposition de moratoire de 5 ans, sur toutes les pêches de cette espèce et à tous ses stades. En effet, il a été répondu que ce moratoire ne pouvait être considéré comme « une mesure de gestion de cette espèce » !
Le projet gouvernemental ne prend pas en compte les nombreuses alertes scientifiques ainsi que celles des pêcheurs amateurs et demeure limité : aucune action permettant le franchissement immédiat des barrages problématiques n’est prévue pour les deux prochaines années à venir. Les pêcheries (pêche professionnelles et pêche amateur) sont quant à elles mises à contribution dès 2009 !
De plus, à la date d’aujourd’hui, toutes les propositions émises par les groupes de travail nationaux (pêcherie, monitoring, repeuplement, traçabilité, ouvrages et réglementation), ne sont pas encore toutes actées ! Un état de fait qui laisse planer des incertitudes sur la viabilité et l’équilibre du plan français alors que celui-ci doit être décliné rapidement au cours du second semestre au niveau de chaque bassin français.
Les pêcheurs amateurs déplorent que le plan français ne soulève pas suffisamment les questions environnementales nécessaires au sauvetage de l’anguille à savoir, entre autres, la continuité écologique (franchissabilité des ouvrages…), la gestion qualitative et quantitative des eaux (pollutions, pompages, assèchement de cours d’eau …) et la suppression des habitats (assèchement des zones humides…).
La France doit être en mesure de présenter définitivement un plan de restauration de l’anguille au 31 décembre 2008, à la commission européenne. La direction prise par le gouvernement laisse les pêcheurs amateurs dubitatifs, quant à la possibilité de le faire. La FNPF s’interroge sur les risques de refus du plan français et de ses conséquences, tant environnementales qu’économiques et sociales.
Face à l’absence de communication de ce plan français, le gouvernement souhaite-t-il véritablement sauver l’anguille ? La préservation de la biodiversité est pourtant une priorité du gouvernement, si l’on en croit le projet de loi d’orientation du Grenelle de l’Environnement et les priorités environnementales affichées au moment où la France prend la présidence de l’Union Européenne.
L’anguille est un élément de la biodiversité des peuplements aquatiques mais aussi un indicateur de la qualité de nos cours d’eau.
L’effondrement de cette espèce n’est pas sans conséquence sur les autres espèces animales et le milieu aquatique.
Preuve en est les mises en garde répétées des scientifiques internationaux depuis les années 1980 et l’urgence dans laquelle est mis en place un plan de sauvetage de l’anguille à l’échelon européen. Allonsnous accepter la disparition d’un poisson sous prétexte que ce dernier est moins populaire que
d’autres plus médiatisés comme le thon rouge ?
Contact presse Fédération Nationale de la Pêche en France, Julie Miquel. Attachée de presse.
01.48.24.84.75 / 06.79.88.55.12.


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